[BILLET] 𝗟𝗘 𝗟𝗜𝗩𝗥𝗘 𝗕𝗟𝗔𝗡𝗖 : 𝗟'É𝗣𝗥𝗘𝗨𝗩𝗘 𝗗𝗘 𝗟'É𝗧𝗛𝗜𝗤𝗨𝗘
À chaque cycle électoral, les mêmes scènes semblent se répéter dans les fédérations sportives : ambitions dissimulées, ruptures de confiance, contestations tardives des statuts. Elles trouvent souvent leur origine dans les comportements des acteurs qui les interprètent ou les instrumentalisent. Des comportements qui interrogent la loyauté, la transparence et l'éthique des dirigeants. Au-delà des personnes et des circonstances, Ce premier billet du Livre blanc interroge des comportements qui, à force de se répéter, fragilisent durablement la gouvernance du sport.
Il
existe une étrange habitude dans le monde sportif. Plus les élections
approchent, plus certains comportements changent.
Pendant
toute une olympiade, tout semble aller pour le mieux. Les réunions se
succèdent, les décisions sont prises, les photos de famille immortalisent une
équipe dirigeante unie. Puis, sans prévenir, les lignes bougent. Des dirigeants
jusque-là silencieux deviennent soudain plus critiques. Les conversations se
multiplient dans les couloirs. Les alliances se redessinent. Les ambitions,
longtemps gardées secrètes, commencent à apparaître.
Avoir
l'ambition de diriger une fédération n'a rien de répréhensible. Bien au
contraire, une démocratie sportive a besoin d'idées nouvelles et de candidats.
Ce qui interroge, en revanche, c'est la manière.
Pourquoi
continuer à siéger dans un bureau exécutif lorsque l'on prépare déjà sa
campagne ? Pourquoi conserver les privilèges liés à une fonction tout en
organisant, parfois discrètement, l'alternance ? Pourquoi ne pas assumer
publiquement sa candidature, quitte à quitter ses responsabilités pour éviter
toute ambiguïté ?
La
confiance est une valeur fragile. Elle se construit dans la transparence, mais
se fissure dès lors que les intérêts personnels semblent prendre le dessus sur
l'intérêt collectif.
Puis
vient le deuxième acte : celui des textes.
Les
statuts, restés silencieux pendant quatre ans, deviennent brusquement le sujet
de toutes les conversations. Chaque article est contesté, chaque disposition
est interprétée, chaque règle semble désormais poser problème.
Pourtant,
une question mérite d'être posée : où étaient toutes ces critiques pendant le
reste de la mandature ?
Pourquoi
attendre l'approche d'un scrutin pour découvrir les insuffisances d'un texte
que l'on a appliqué sans véritable contestation pendant plusieurs années ?
Les
statuts ne changent pas du jour au lendemain. Ce qui change, bien souvent, ce
sont les intérêts qu'ils servent ou qu'ils contrarient.
Les
textes méritent d'être améliorés lorsqu'ils ne répondent plus aux exigences de
bonne gouvernance. Mais une réforme n'a de crédibilité que lorsqu'elle est
engagée dans l'intérêt de l'institution, et non pour faciliter ou empêcher une
candidature.
Le
débat est ouvert
Au
fond, le véritable défi des élections sportives n'est peut-être pas juridique,
mais culturel.
Faut-il
exiger qu'un dirigeant qui ambitionne la présidence d'une fédération
démissionne de ses fonctions pour garantir l'équité et préserver la confiance ?
Les réformes statutaires devraient-elles être conduites en dehors des périodes
électorales afin d'éviter toute suspicion d'opportunisme ?
Autant
de questions qui méritent un débat serein, loin des passions électorales. Car
la qualité d'une gouvernance ne se mesure pas seulement à ses statuts, mais
aussi, et surtout, au comportement de celles et ceux qui aspirent à la diriger.
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