[FOOTBALL] ๐๐จ-๐๐๐๐ ๐๐จ ๐๐ฅ๐จ๐๐ง, ๐๐ ๐ง๐๐ ๐ฃ๐ฆ ๐๐ ๐๐ ๐ฅ๐๐ฆ๐ฃ๐ข๐ก๐ฆ๐๐๐๐๐๐ง๐
Le football gabonais traverse une zone de turbulences. Les dรฉcisions rรฉcentes de l’รtat, la rรฉaction de la Fรฉdรฉration et les dรฉbats passionnรฉs qui en dรฉcoulent donnent parfois l’impression d’un climat de crise permanente. Pourtant, ร y regarder de plus prรจs, le problรจme n’est peut-รชtre pas tant la crise elle-mรชme que la maniรจre dont nous la regardons.
La sortie de Saturnin Ibela, instructeur FIFA et ancien sรฉlectionneur des U23, a le mรฉrite de ramener le dรฉbat sur un terrain rationnel. Sans รฉmotion inutile, il rappelle une vรฉritรฉ souvent occultรฉe : l’รฉquipe nationale est une รฉquipe de souverainetรฉ. Elle appartient ร l’รtat. Lorsqu’un รtat finance, encadre et investit, il est lรฉgitime qu’il exige des comptes et, au besoin, qu’il intervienne.
Faut-il y voir un scandale ? Pas nรฉcessairement. L’histoire du football mondial regorge d’exemples similaires. De la France en 2010 ร plusieurs grandes nations africaines, l’ingรฉrence ou l’intervention de l’รtat a souvent รฉtรฉ le symptรดme d’un malaise plus profond : gouvernance fragile, communication dรฉfaillante, absence de vision claire.
Sur le plan sportif, le bilan mรฉrite nuance. Le Gabon s’est qualifiรฉ pour la CAN. Il est passรฉ tout prรจs d’une qualification historique pour la Coupe du Monde. Parler d’รฉchec total pour Mouyouma relรจve donc davantage de l’รฉmotion que de l’analyse. En revanche, la phase finale de la CAN a mis en lumiรจre des carences : prรฉparation approximative, environnement instable, manque de sรฉrรฉnitรฉ autour du groupe.
C’est lร que se situe le vrai dรฉbat. Pas dans les invectives, ni dans les camps retranchรฉs, mais dans la capacitรฉ collective ร tirer les leรงons. Le football gabonais a besoin de stabilitรฉ, de compรฉtences et surtout d’une gouvernance claire, oรน chacun connaรฎt son rรดle et ses responsabilitรฉs.
Le temps n’est plus aux procรจs d’intention. Il est ร la remise en question. Car le football, au-delร de la passion qu’il suscite, reste un projet national. Et un projet national ne se construit ni dans le chaos, ni dans l’orgueil, mais dans la luciditรฉ et le sens du devoir.



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