[SUBVENTIONS SPORTIVES] ๐—Ÿ๐—˜ ๐—™๐—ข๐—ข๐—ง๐—•๐—”๐—Ÿ๐—Ÿ ๐—š๐—”๐—•๐—ข๐—ก๐—”๐—œ๐—ฆ ๐—ฉ๐—”-๐—ง-๐—œ๐—Ÿ ๐—˜๐—ก๐—™๐—œ๐—ก ๐——๐—˜๐—ฉ๐—ข๐—œ๐—ฅ ๐—ฃ๐—”๐—ฅ๐—ง๐—”๐—š๐—˜๐—ฅ LA ๐—š๐—”๐— ๐—˜๐—Ÿ๐—Ÿ๐—˜ ?

Pendant que le ballon rond engloutit des milliards pour des rรฉsultats humiliants, nos judokas, athlรจtes et boxeurs glanent des mรฉdailles dans l’indiffรฉrence et la prรฉcaritรฉ. En liant l'argent public ร  un agrรฉment technique rigoureux pour toutes les disciplines, le ministre Paul Ulrich Kessany s'attaque au plus grand tabou du sport national. Reste ร  savoir si la fin des privilรจges du football est un vล“u pieux ou une rรฉvolution rรฉelle.



C’est une anomalie gabonaise qui frise l’indรฉcence depuis des dรฉcennies. D’un cรดtรฉ, une discipline reine, le football, vรฉritable gouffre financier de la Rรฉpublique. Des milliards de francs CFA y sont injectรฉs ร  fonds perdus pour financer des championnats nationaux aux calendriers chaotiques, payer des salaires mirobolants ร  des joueurs locaux parfois inactifs, et entretenir le train de vie princier de dirigeants dont le principal exploit est de briller par leur incompรฉtence. Le rรฉsultat ? Une รฉquipe nationale qui peine ร  faire vibrer le pays et des clubs locaux รฉliminรฉs sans gloire dรจs les premiers tours des compรฉtitions africaines.

De l’autre cรดtรฉ du miroir, le vide absolu. Ou plutรดt, le miracle permanent. Nos taekwondokas, boxeurs, judokas et cyclistes s’entraรฎnent dans des garages insalubres, achรจtent leur propre รฉquipement et mendient des billets d’avion ร  la veille des compรฉtitions internationales. Pourtant, ce sont eux, et eux seuls, qui ramรจnent des mรฉdailles, font retentir la Concorde ร  l'รฉtranger et sauvent l’honneur du drapeau. Au Gabon, plus une discipline rapporte de titres, moins elle reรงoit de subventions. Plus elle humilie la nation, plus l'ร‰tat lui signe des chรจques en blanc.

Ce vendredi 22 mai 2026, le Conseil des ministres, sous la direction de Brice Clotaire Oligui Nguema, a peut-รชtre posรฉ la premiรจre pierre d'un rรฉรฉquilibrage historique. Les deux projets de dรฉcret prรฉsentรฉs par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul Ulrich Kessany, affichent une ambition claire : valoriser l’ensemble des disciplines sportives et soumettre tout le monde ร  la mรชme diรจte administrative. Dรฉsormais, l'octroi des subventions ne se fera plus ร  la tรชte du client ou selon la popularitรฉ d’un sport, mais ร  la lumiรจre d’un agrรฉment technique strict.

Pour le football national, c'est un vรฉritable sรฉisme. Finie l’รฉpoque oรน il suffisait de crier ร  la « crise d’ร‰tat » pour voir les caisses publiques s’ouvrir sans aucun contrรดle. Si le ministre Kessany applique ses textes avec la rigueur promise, le monde du football et ses clubs professionnels vont devoir justifier chaque centime, prouver leur viabilitรฉ technique et rendre des comptes sur leur gestion administrative catastrophique. S'ils รฉchouent, le dรฉcret est limpide : suspension ou retrait de l'agrรฉment, et donc coupure immรฉdiate des vivres.

Cet assainissement est une dรฉclaration de guerre lรฉgitime contre le gaspillage. Redistribuer ne serait-ce que 10 % du budget astronomique du football vers les sports dits "mineurs" suffirait ร  professionnaliser des dizaines de fรฉdรฉrations olympiques et ร  bรขtir de vraies infrastructures pour la jeunesse.

Mais ne soyons pas naรฏfs. Le lobby du football au Gabon est un ร‰tat dans l'ร‰tat, dotรฉ de ramifications politiques puissantes. Les profiteurs du systรจme ne se laisseront pas priver de leur vache ร  lait sans combattre. Paul Ulrich Kessany, ancien capitaine des Panthรจres, connaรฎt mieux que quiconque les vices de ce milieu. Il vient de siffler le coup d’envoi d’un match capital pour la justice sportive. Reste ร  savoir s’il aura le courage politique d'aller au bout des prolongations, ou si le football finira, comme toujours, par corrompre l’arbitre.

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